1. Simplifier avant de traduire
Une note de service de quarante mots par phrase, avec ses « conformément aux dispositions de l'article » et ses « sous réserve de », n'est pas comprise par une bonne partie de l'équipe, francophone comprise. La traduire mot à mot ne change rien : on obtient la même phrase, aussi longue, dans une autre langue. Le premier travail est donc de réécrire la consigne en français simplifié, et c'est cette version que l'on traduit.
Ce passage par le français simplifié a un autre avantage : le chef de chantier, qui ne lit ni le roumain ni l'arabe, peut vérifier sur la version française que rien d'important n'a été perdu. C'est pour cela que l'outil affiche la version française sous chaque affiche traduite.
2. Les règles du français simplifié sur un chantier
- Une consigne, un message. Un titre qui dit l'action attendue, en moins de huit mots.
- Des phrases de douze mots au plus, une idée par phrase, au présent ou à l'impératif, en vouvoyant.
- Un verbe d'action pour commencer chaque étape : « Portez », « Vérifiez », « Arrêtez », « Appelez ».
- Des chiffres en chiffres, avec l'unité : 3 m, 10 min, 2 personnes. Pas de « au-delà de », mais « plus de ».
- Pas de double négation, pas de « sauf si », pas d'abréviation sans explication.
- Les mots techniques restent quand l'équipe les utilise tous les jours, harnais, longe, garde-corps, mais ils sont expliqués une fois.
- Dire pourquoi, en une phrase, et dire quoi faire en cas de problème, avec un nom et un numéro.
3. Langues, affichage, briefing
Demandez à chacun sa langue de lecture, pas sa nationalité : un salarié peut parler français et lire plus facilement le portugais. Trois à quatre langues couvrent la plupart des équipes. L'affiche se pose là où la consigne s'applique, à l'entrée de la zone, près du poste, dans la base vie, pas seulement au panneau d'affichage du bungalow. Les pictogrammes normalisés, obligation en bleu, interdiction en rouge, danger en jaune, complètent le texte et sont compris de tous.
L'affiche ne remplace pas le briefing. Le quart d'heure sécurité du matin reste le moment où la consigne est dite, montrée, et où l'on fait reformuler par un membre de l'équipe dans sa langue. Une consigne comprise est une consigne que quelqu'un a pu répéter avec ses mots.
4. Ce que dit le Code du travail
L'employeur doit organiser une formation pratique et appropriée à la sécurité pour chaque salarié, intérimaire et travailleur détaché compris, et s'assurer que les consignes de sécurité sont comprises. Une consigne affichée dans une langue que le salarié ne lit pas ne remplit pas cette obligation. Les documents de prévention, plan particulier de sécurité et de protection de la santé, plan de prévention, restent rédigés en français ; rien n'empêche d'en extraire les consignes essentielles et de les diffuser simplifiées et traduites. En cas d'accident, c'est la preuve de la compréhension effective qui compte : la feuille d'émargement du briefing, l'affiche traduite, le message envoyé dans la langue de chacun.
5. Les limites de la traduction automatique
Sur une consigne simplifiée, la traduction automatique est fiable pour le sens général, les chiffres et l'ordre des étapes. Elle l'est moins sur les termes de métier, qui varient d'un pays à l'autre pour une même langue, et sur les tournures de politesse. Pour une consigne de sécurité, faites relire la traduction par un locuteur natif de l'équipe avant de l'afficher ; dix minutes suffisent, et c'est aussi une façon de l'impliquer. L'outil conserve le mot français entre parenthèses quand un terme technique est incertain, et liste dans ses remarques ce qu'il faut vérifier.