1. Pourquoi un Gantt, et pas une liste
Une liste de tâches dit ce qu'il y a à faire. Elle ne dit pas quand le carreleur peut commencer, ni ce qui se passe si le plombier a deux jours de retard. Le Gantt met les tâches sur un calendrier, reliées par ce qui doit être fini avant quoi. On y voit les chevauchements possibles, les temps morts, la date de fin, et surtout les tâches dont le retard se répercute jusqu'à la livraison.
Pour un chantier de quelques semaines, un Gantt d'une dizaine de tâches suffit. Il tient sur une page, se montre au client, se transmet aux sous-traitants avec leurs dates, et sert de référence quand il faut arbitrer.
2. Découper le chantier en tâches
- Une tâche, une équipe, un résultat vérifiable. « Plomberie : réseaux et évacuations » plutôt que « plomberie ». Si deux corps d'état interviennent, ce sont deux tâches.
- Les temps incompressibles sont des tâches. Séchage de chape, délai de livraison des menuiseries, temps de prise : personne ne travaille, mais le calendrier avance et les tâches suivantes attendent.
- Les jalons marquent les décisions et les contrôles. Réception, levée des réserves, validation des échantillons : durée zéro, mais une date que tout le monde regarde.
- Entre six et vingt tâches pour un chantier courant. Au-delà, on perd la lisibilité ; en dessous, on ne voit plus les enchaînements.
3. Dépendances et chemin critique
Une dépendance dit « cette tâche commence quand celle-là est finie ». Le carrelage attend la chape sèche ; les sanitaires attendent le carrelage ; la peinture attend tout le monde. En reliant ainsi les tâches, l'outil calcule la date de début au plus tôt de chacune, puis la date de fin du chantier.
Le chemin critique est la suite de tâches dont la durée additionnée donne cette date de fin. Ces tâches n'ont aucune marge : un jour de retard sur l'une d'elles décale la livraison d'un jour. Les autres ont une marge, affichée dans le tableau, qui permet de les déplacer sans conséquence. En pratique, c'est sur le chemin critique qu'on met la meilleure équipe, qu'on sécurise les approvisionnements et qu'on vérifie l'avancement chaque jour.
4. Des durées réalistes
- En jours ouvrés, pour l'équipe réellement prévue. Quarante-cinq mètres carrés de carrelage, c'est quatre jours à un, deux jours et demi à deux.
- Week-ends et jours fériés exclus. L'outil les saute ; un chantier qui démarre le 28 avril ne finit pas où l'on croit.
- Une marge explicite plutôt que des durées gonflées. Ajoutez une tâche « aléas et intempéries » de quelques jours avant la réception, visible et négociable, au lieu de rallonger chaque tâche en cachette.
- Les durées des sous-traitants viennent d'eux, par écrit, avec leurs dates de disponibilité. Un planning imposé n'est pas un planning tenu.
5. Faire vivre le planning
Un planning fait une fois et jamais mis à jour ment dès la deuxième semaine. Le réflexe utile : chaque vendredi, cocher ce qui est fini, décaler ce qui a glissé, regarder si le chemin critique a bougé, et renvoyer la version à jour aux intervenants de la semaine suivante. Quinze minutes. Les écarts entre prévu et réel, notés chantier après chantier, finissent par donner vos propres durées de référence, bien meilleures que n'importe quelle moyenne.